Ville de cauchemar, qu’as-tu fait de mes rêves ?
Je ne te supporte plus, toi, tes rues de bétons de plus en plus longues, de plus en plus étouffantes. Le bruit incessant des moteurs et des klaxons chamboule mes sens encore et encore.
Ici bas, il n’y a rien, rien d’autre que ces bâtiments à perte de vue, cachant le ciel à mes regards, les étoiles à mes espoirs. La nuit n’est plus éclairée par la lune, mais par d’haïssables petites lampes à incandescence.
Mais le pire, ce sont les gens. Tous ces gens qui ne se regardent plus, qui ne se voient même plus. Seul leur importe le but qu’il se sont fixé : aller de A en B, puis de B en C. Aucun ne semble se demander ce qu’il se passerait s’il décidait d’aller directement en D, « oh non, de grâce ne bouleversez pas mon petit quotidien, je risquerai de mourir sur place ! »
Je voudrais fuir tout ça. Retourner vivre dans le paradis campagnard de mon enfance, rythmé par le dur labeur aux champs et les veillées le soir venu. Retrouver une petite part de naturel dans ma vie, voir des fruits autrement que dans des caisses de supermarché, affublés d’un code barre si symbolique…
Revoir ce vieil homme, qui avait toujours une histoire à conter aux enfants aux yeux ébahis réunis autour de lui, tandis que dans la cheminée de la salle communale fumait un potage que nous partagions tous ensemble, nos visages éclairés par un sourire que je commence à oublier.
Célébrer chaque mariage par une grande fête publique, où chacun pouvait profiter à son rythme d’une vie qui n’en imposait que peu.
Tout cela, je l’ai perdu, au profit de quoi ? Il me suffit de jeter un œil par la fenêtre de ma chambre, du haut de ma tour en béton armé, pour voir une armée de créatures mi-hommes, mi-zombis, les yeux rivés sur des images campagnardes, s’auto félicitant d’être des citadins, des vrais, loin des bouses de vaches et des tas de fumier.
J’échangerais bien l’ensemble de cette ville contre un seul tas de fumier, mais ici, si l’on en trouve, il doit être vendu sous cellophane avec une date limite d’utilisation…
Commentaires :
Les hommes des cavernes
Ton texte est étonnant, pour plein de raisons, dit, as-tu réellement grandi à la campagne ? Si oui, ce serait bien de raconter tout ça, vraiment.
Sinon, je voulais te dire qu'à la même époque j'ai écrit presque la même chose en résumant la vie d'aller d'un point à un autre. C dingue cette coïncidence, mais ce n'en est pas une. Cela me fait penser aux hommes des cavernes, qui ont découvert le feu simultanément à plusieurs endroits de la planète. L'ALTERMONDIALISME EST EN MARCHE ET RIEN NE POURRA L'ARRETER ! Ne pas agir serait la pire défaîte, nous deviendrions aigris ou absents.








Kyra
mmh...